Psychopraticien, psychologue, psychiatre : qui fait quoi ?
- Myriam RIVIERE

- 7 nov. 2025
- 4 min de lecture

Après mon article d’hier sur la chanson “J’irai pas voir un psy”, j’ai eu envie de prolonger le sujet parce que derrière ce mot “psy”, on met beaucoup de choses — parfois trop, parfois mal — et il n’est pas toujours facile de savoir vers qui se tourner quand ça ne va pas trop bien.
Aujourd’hui, je vous propose une distinction simple, pour donner une vue d’ensemble des principaux métiers de l’accompagnement psychique.
Il existe bien sûr d’autres approches comme la psychanalyse, l’hypnothérapie, la sophrologie… que je développerai peut-être dans un autre article.
Commençons déjà par les trois professions qu’on confond le plus souvent : le psychiatre, le psychologue et le psychopraticien.
Le psychiatre : une approche médicale du soin psychique
Le psychiatre est avant tout médecin.
Après des études de médecine (6 ans), il s’est spécialisé pendant 4 ans en psychiatrie.
Il peut prescrire un traitement, délivrer un arrêt de travail, ou assurer un suivi à l’hôpital.
On le consulte souvent lorsque la souffrance est intense, chronique, ou qu’elle empêche de fonctionner au quotidien.
💬 Exemple : Une personne atteinte de dépression sévère, de bipolarité ou de troubles psychotiques bénéficiera souvent d’un suivi psychiatrique, parfois combiné à une psychothérapie.
Le psychologue : comprendre, évaluer, accompagner
Le psychologue a suivi un parcours universitaire de cinq ans (Master 2).
Sa formation lui permet de comprendre les mécanismes du comportement humain, du développement et des émotions.
Il peut :
accompagner à travers la parole,
réaliser des bilans psychologiques ou cognitifs,
ou encore proposer des psychothérapies selon sa spécialisation (clinique, du travail, scolaire, etc.).
Le psychologue n’est pas médecin : il ne prescrit pas de médicaments mais son rôle est essentiel pour mettre du sens sur ce qu’on vit, mieux comprendre ses émotions et ses schémas de pensée.
Il peut être libéral ou travailler en institution (hôpital, école etc.).
Le psychopraticien : accompagner le changement et la compréhension de soi
Le psychopraticien est formé dans une école privée de psychologie et de psychothérapie.
C’est un métier non reconnu par l’État, mais qui demande un vrai parcours de formation : théorie, pratique, éthique et supervision.
Selon son école, le psychopraticien peut être formé à différentes approches (TCC, psychanalyse, Gestalt, analyse transactionnelle, etc.). Tout comme le psychologue d'ailleurs.
Son rôle est d’offrir un espace d’écoute, de soutien et d’expérimentation, à un moment où la personne ressent un mal être mais sans que cela impacte de façon significative son quotidien : Elle peut encore s'occuper d'elle, de son intérieur, aller travailler etc.
Pour ma part, j’ai suivi le cursus complet à l’EFPP, où j’ai étudié la psychopathologie, la psychanalyse et la relation thérapeutique.
J’y ai été certifiée en tant que praticienne en TCC (thérapies cognitives et comportementales) en août dernier, et je poursuis actuellement une formation en psychotraumatologie pour consolider et ouvrir ma pratique.
Ce que j’aime dans cette approche, c’est son équilibre : elle allie clarté, structure et bienveillance, sans perdre la dimension humaine du lien thérapeutique.
C’est une formation exigeante : bien sûr, en deux ans, nous n’abordons pas autant de concepts que les psychologues formés à l’université, mais nous en voyons l’essentiel de manière condensée et concrète.
Le cursus demande aussi un important travail personnel, un stage pratique et un suivi psychologique obligatoire, afin de garantir une posture professionnelle solide et une bonne connaissance de soi.
Une différence de moment plus que de méthode
La différence entre le psychopraticien et le psychologue ne tient pas vraiment dans la méthode, mais plutôt dans le moment où chacun intervient.
👉 Le psychopraticien accompagne souvent des personnes qui sentent que quelque chose ne va pas : une anxiété qui s’installe, un stress qui devient trop présent, une perte de repères, une fatigue émotionnelle…Elles continuent à fonctionner au quotidien — elles travaillent, s’occupent de leur famille — mais sentent que leur équilibre commence à vaciller.C’est souvent le bon moment pour consulter, avant que la souffrance ne prenne toute la place.
👉 Le psychologue, lui, peut également accompagner ces situations, mais il intervient aussi auprès de personnes plus fragilisées, pour qui la souffrance devient difficile à gérer seule : troubles anxieux importants, dépression installée, perte de motivation ou difficultés à assurer les activités du quotidien.Sa formation universitaire lui permet d’aborder des situations plus lourdes sur le plan clinique, tout en gardant une approche d’écoute et de soutien.
En réalité, leurs pratiques se rejoignent souvent.On pourrait dire que le psychopraticien aide à prévenir et réguler, là où le psychologue aide à stabiliser et reconstruire.Et bien sûr, ils peuvent travailler ensemble, dans une dynamique complémentaire.
Ces métiers peuvent aussi travailler ensemble
Psychiatres, psychologues et psychopraticiens peuvent tout à fait collaborer.Chacun a sa place, son regard, et sa façon d’accompagner — mais leurs approches peuvent être complémentaires.
💬 Par exemple :Une personne suivie par un psychiatre pour un traitement médicamenteux peut aussi être accompagnée par un psychopraticien en TCC, pour travailler sur la gestion des pensées et des comportements.
Le travail en équipe, la communication entre professionnels et le respect du rôle de chacun permettent souvent une prise en charge plus complète et plus humaine.
Ma vision personnelle
Ce que je partage ici, c’est ma propre vision de ces trois métiers, nourrie par ma pratique et mes échanges avec d’autres professionnels.
Certains utiliseront d’autres mots ou insisteront sur d’autres aspects, et c’est normal mais je trouvais important d’exprimer ma position de psychopraticienne, pour que ceux qui me lisent ici comprennent mieux ma façon de travailler et ma place dans le champ de la santé mentale.
En conclusion
Il n’y a pas de “meilleur choix”, seulement celui qui correspond à votre besoin du moment.
Le plus important, c’est d’oser en parler, de rencontrer, de voir avec qui vous vous sentez à l’aise.
Parce qu’au-delà du titre ou du diplôme, c’est la qualité du lien qui fait souvent la vraie différence.
Ce que j’aimerais garder de cette journée :Derrière le mot “psy”, il y a des métiers différents, mais une même intention : accompagner l’humain vers un mieux-être durable, parfois à plusieurs voix.



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