Ma vision de la parentalité : comprendre son enfant sans s’oublier
- Myriam RIVIERE

- 15 mai
- 8 min de lecture

Quand on devient maman, on reçoit très vite beaucoup de conseils.
Il faut porter bébé, mais pas trop.
Il faut répondre à ses pleurs, mais attention à ne pas “l’habituer”.
Il faut poser un cadre, mais rester douce.
Il faut écouter ses émotions, mais ne pas en faire un enfant-roi.
Il faut être patiente, mais ferme.
Présente, mais pas fusionnelle.
Disponible, mais pas épuisée.
Sûre de soi, mais toujours prête à se remettre en question.
Et au milieu de tout ça, il y a vous.
Vous aimez votre enfant.
Vous voulez bien faire.
Vous cherchez des repères.
Mais parfois, vous avez surtout l’impression de marcher sur une ligne très fine : si vous êtes trop douce, on vous dit que vous cédez ; si vous êtes trop ferme, vous culpabilisez ; si vous écoutez votre enfant, on vous accuse de le laisser décider ; si vous posez une limite, vous avez peur de le blesser.
Ma vision de la parentalité part d’une idée simple : un enfant n’est pas un petit soldat à dresser.
C’est une personne en construction.
Mais cela ne veut pas dire qu’il faut tout accepter.
Cela ne veut pas dire que le parent doit disparaître, s’oublier, s’épuiser ou abandonner le cadre.
Pour moi, la parentalité n’est ni du dressage, ni du laisser-faire.
C’est un accompagnement.
Vision de la parentalité : l’enfant est une personne en construction
Un bébé, un tout-petit, un jeune enfant ne fonctionne pas comme un adulte miniature.
Il apprend tout.
Il apprend son corps.
Il apprend ses sensations.
Il apprend les émotions.
Il apprend le langage.
Il apprend les limites.
Il apprend la frustration.
Il apprend à attendre.
Il apprend à se séparer.
Il apprend à vivre avec les autres.
Et tout cela prend du temps.
Un enfant ne comprend pas toujours ce qui lui arrive.
Il ne sait pas toujours dire ce qu’il ressent.
Il ne peut pas toujours se calmer seul.
Il ne refuse pas toujours pour provoquer.
Il ne pleure pas toujours pour “faire céder”.
Il ne réclame pas les bras pour manipuler.
Très souvent, il exprime quelque chose avec les moyens qu’il a.
Cela ne veut pas dire qu’il faut tout lui donner.
Cela veut dire qu’avant de corriger un comportement, il est précieux d’essayer de comprendre ce qu’il raconte.
Un enfant qui pleure peut avoir besoin d’être rassuré.
Un enfant qui dit non peut être en train d’affirmer quelque chose.
Un enfant qui refuse le pot peut ne pas être prêt dans son corps ou dans sa tête.
Un enfant qui réclame les bras peut chercher une sécurité.
Un enfant qui explose le soir peut être tout simplement au bout de ses ressources.
Comprendre cela ne rend pas le quotidien magique.
Ça ne supprime pas la fatigue, les tensions, les refus, les pleurs ou les soirées compliquées.
Mais ça change le regard.
Et parfois, changer le regard, c’est déjà arrêter de se battre contre le mauvais problème.
Éduquer, ce n’est pas obtenir une obéissance rapide
Beaucoup d’adultes ont encore en tête une idée très verticale de l’éducation : le parent commande, l’enfant exécute.
Sur le moment, cela peut sembler plus simple.
Plus rapide. Plus efficace.
Mais la vraie question, c’est : qu’est-ce qu’on construit ?
Un enfant peut obéir parce qu’il a peur.
Parce qu’il ne veut pas décevoir.
Parce qu’il sent que son émotion dérange.
Parce qu’il a compris qu’il vaut mieux se taire.
Mais un enfant silencieux n’est pas toujours un enfant apaisé.Un enfant “sage” n’est pas toujours un enfant qui va bien.
Un enfant qui ne s’oppose jamais n’est pas forcément un enfant sécurisé.
Éduquer, ce n’est pas seulement faire cesser un comportement.
C’est aider un enfant à comprendre progressivement ce qui se passe en lui, ce qui est possible, ce qui ne l’est pas, ce qui est attendu, ce qui est dangereux, ce qui respecte l’autre, ce qui respecte son corps, ce qui respecte le cadre familial.
C’est beaucoup plus exigeant que de simplement dire : “Tu fais ce que je dis.”
Mais c’est aussi beaucoup plus formateur.
Parce que l’enfant d’aujourd’hui deviendra l’adulte de demain.
Et cet adulte aura besoin de savoir reconnaître ses émotions, poser des limites, respecter celles des autres, demander de l’aide, réparer après une erreur, traverser une frustration, faire confiance à son corps, garder une estime de lui suffisante même quand il apprend.
Tout cela commence dans les petites scènes du quotidien.
Le bain.
Le repas.
Le coucher.
Les pleurs.
Le pot.
Les “non”.
Les séparations.
Les accidents.
Les colères.
Les moments où vous êtes fatiguée et où lui aussi n’en peut plus.
Ce sont de petites scènes, oui. Mais elles construisent beaucoup.
Comprendre son enfant ne veut pas dire céder à tout
C’est une confusion fréquente.
Certaines mamans ont peur qu’en cherchant à comprendre leur enfant, elles deviennent trop laxistes.
Elles ont peur de “se faire avoir”, de ne plus avoir d’autorité, de créer de mauvaises habitudes.
Alors je veux être très claire : comprendre ne veut pas dire céder.
Vous pouvez reconnaître l’émotion de votre enfant et maintenir une limite.
Vous pouvez dire :“Je vois que la colère est là.”Et maintenir :“Je ne te laisse pas taper.”
Vous pouvez dire :“Tu voulais continuer à jouer.”Et maintenir :“Maintenant, on va se préparer.”
Vous pouvez dire :“Tu n’as pas envie d’aller sur le pot.”Et ne pas transformer ce refus en guerre.
Vous pouvez accompagner sans vous effacer.
Un cadre n’a pas besoin d’être dur pour être clair.
Une limite n’a pas besoin d’humilier pour tenir.
Une parole ferme n’a pas besoin d’écraser.
L’enfant a besoin d’un adulte qui reste adulte.
Il a besoin de repères, de répétition, de sécurité, de cohérence.
Il a besoin de sentir que le parent tient quelque chose.
Mais tenir quelque chose ne veut pas dire faire peur.
C’est là que la nuance est importante.
Le parent n’est pas là pour gagner contre son enfant.
Il est là pour l’aider à grandir avec un cadre suffisamment stable.
Et la maman dans tout ça ?
Parler des besoins de l’enfant ne veut pas dire oublier la maman.
Parce qu’une maman épuisée, seule, culpabilisée, jugée ou mentalement saturée ne peut pas accompagner son enfant avec la même disponibilité qu’une maman soutenue.
Et ce n’est pas une question de bonne volonté.
Quand vous avez mal dormi, que vous avez déjà répondu à cinquante demandes, que vous avez anticipé le repas, les couches, le bain, les horaires, les rendez-vous, les affaires à préparer, les pleurs, les disputes, les remarques de l’entourage… forcément, votre patience s’use.
Vous pouvez aimer profondément votre enfant et ne plus supporter un “maman” de plus à 19h.
Vous pouvez être une bonne mère et avoir besoin de silence.
Vous pouvez comprendre que votre enfant est en construction et, en même temps, ne plus avoir l’énergie de faire toujours “comme il faudrait”.
C’est pour cela que ma vision de la parentalité tient toujours les deux côtés.
Ce que vit l’enfant.
Et ce que cela vous fait vivre à vous.
Parce que si on ne regarde que l’enfant, on risque d’écraser la mère sous des exigences impossibles.
Et si on ne regarde que la mère, on risque d’oublier que l’enfant a réellement besoin d’être accompagné.
L’enjeu, ce n’est pas de choisir entre vous et lui.
L’enjeu, c’est de protéger la relation.
Déculpabiliser ne veut pas dire déresponsabiliser
Cette phrase est importante.
Déculpabiliser une maman ne veut pas dire lui dire : “Ce n’est pas grave, faites n’importe quoi, votre enfant s’adaptera.”
Non.
Déculpabiliser, c’est enlever la honte qui empêche de réfléchir clairement.
Parce que quand une maman se sent nulle, mauvaise, incapable, elle ne devient pas plus disponible.
Elle se ferme.
Elle se défend.
Elle s’épuise.
Elle promet de faire mieux, puis elle recommence, puis elle culpabilise encore.
La culpabilité peut parfois signaler qu’une valeur importante a été touchée.
Mais quand elle devient permanente, elle n’aide plus.
Elle écrase.
La responsabilité, elle, est différente.
La responsabilité dit :“Qu’est-ce qui s’est passé ?”“Qu’est-ce que mon enfant vivait ?”“Qu’est-ce que moi, je portais à ce moment-là ?”“Qu’est-ce que je peux ajuster la prochaine fois ?”“Comment je peux réparer si j’ai débordé ?”
C’est beaucoup plus utile que :“Je suis une mauvaise mère.”
Vous n’avez pas besoin de vous détruire pour progresser.
Vous avez besoin de comprendre.
Une parentalité plus consciente, mais pas parfaite
Je ne crois pas à la parentalité parfaite.
Je ne crois pas aux maisons où personne ne crie jamais, où les enfants coopèrent toujours, où les routines sont fluides, où les repas sont paisibles, où chaque émotion est accueillie avec une voix douce et un fond de musique zen.
Ça, c’est joli dans un carrousel Instagram.
Dans une cuisine à 19h12 avec un enfant fatigué et une maman vidée, c’est une autre affaire.
Je crois plutôt à une parentalité plus consciente.
Une parentalité où l’on essaie de comprendre avant de juger.
Où l’on pose un cadre sans humilier.
Où l’on répare quand on a débordé.
Où l’on accepte d’apprendre.
Où l’on cherche des repères simples.
Où l’on arrête de croire que demander de l’aide est un échec.
Votre enfant n’a pas besoin d’une mère parfaite.
Il a besoin d’une mère suffisamment présente, suffisamment soutenue, suffisamment capable de revenir après un moment difficile.
Et vous, vous avez besoin d’un espace où vous pouvez déposer ce qui déborde sans être jugée.
Ce que vous trouverez ici
Sur ce blog et dans mes contenus, je parlerai du vrai quotidien avec un bébé ou un jeune enfant.
Les pleurs.
Le sommeil.
Les refus.
Les colères.
La propreté.
Le langage.
Les repas.
Le besoin de bras.
Les séparations.
Les limites.
La charge mentale.
La culpabilité.
Les fins de journée où tout le monde est à bout.
Mais je ne les aborderai jamais comme de simples “problèmes à corriger”.
À chaque fois, nous regarderons trois choses :
Ce que l’enfant est peut-être en train de vivre.
Ce que cela déclenche chez vous.
Ce que vous pouvez ajuster concrètement, dans votre vraie vie.
Pas dans une parentalité idéale.
Pas dans une théorie impossible.
Dans votre quotidien réel.
Celui où l’on manque parfois de sommeil.
Celui où l’on perd patience.
Celui où l’on aime son enfant mais où l’on rêve de silence.
Celui où l’on veut bien faire, mais où l’on ne sait plus toujours comment.
Vous n’avez pas à porter ça seule
Être parent demande beaucoup.
Pas seulement en temps.
Pas seulement en fatigue physique.
Mais en disponibilité intérieure, en attention, en répétition, en capacité à soutenir un enfant qui apprend tout.
Et oui, c’est exigeant.
Mais vous n’êtes pas censée tout porter seule.
Si vous sentez que votre quotidien déborde, que vous culpabilisez beaucoup, que vous tournez en boucle avec les mêmes difficultés, ou que vous ne savez plus comment accompagner votre enfant sans vous épuiser, vous pouvez demander de l’aide.
En séance, nous pouvons regarder ensemble ce qui se joue dans votre situation : ce que votre enfant exprime, ce que cela réveille chez vous, et quels repères concrets peuvent rendre votre quotidien plus respirable.
Pas pour vous juger.
Pas pour vous donner une méthode toute faite.
Mais pour vous aider à retrouver de la clarté, de la confiance et une posture plus stable.
Parce qu’un enfant est une personne en construction.
Et une maman aussi a parfois besoin d’être accompagnée pour trouver sa façon d’accompagner.
Si cette vision de la parentalité vous parle et que vous sentez que vous avez besoin d’y voir plus clair dans votre quotidien avec votre enfant, vous pouvez réserver une séance de 45 minutes. Nous prendrons le temps de comprendre ce qui se joue, sans jugement, et de construire des repères adaptés à votre vraie vie.


Commentaires