Je fais tout et ça ne marche pas : quand on est maman et que plus rien ne fonctionne
- Myriam RIVIERE

- 9 févr.
- 7 min de lecture

Vous avez peut-être cette phrase qui tourne en boucle dans votre tête :
“je fais tout et ça ne marche pas”.
Et ce qui est terrible avec cette phrase, c’est qu’elle ne dit pas juste “je suis fatiguée”.
Elle dit aussi : “je suis en train d’échouer”.
Elle dit : “je ne comprends plus mon enfant”.
Elle dit : “je ne sais plus quoi faire”.
Alors je vais commencer par vous dire quelque chose de très simple, mais très important : si vous êtes là, à lire cet article, c’est que vous êtes une maman qui essaie.
Une maman qui observe, qui cherche, qui se remet en question.
Pas une maman qui s’en fiche.
Et ça, ça change tout.
Le problème, ce n’est pas que vous ne faites pas “assez”.
Souvent, le problème, c’est que vous faites “tout”, justement.
Tout ce que vous avez lu.
Tout ce qu’on vous a conseillé.
Tout ce que vous avez vu sur les réseaux.
Et vous vous retrouvez avec un enfant de 0 à 3 ans qui… continue de faire du 0 à 3 ans. Pleurer, s’opposer, hurler, se réveiller la nuit, tester, refuser, réclamer, changer d’avis, vous coller puis vous repousser.
Et vous, au milieu, vous vous dites : “mais enfin… j’ai tout essayé”.
On va faire quelque chose ensemble : on va remettre de la clarté là où votre cerveau est en train de s’embrouiller.
Pas pour vous “corriger”.
Pour vous soulager.
“Je fais tout et ça ne marche pas” : ce que cette phrase veut vraiment dire
Quand une maman dit “je fais tout et ça ne marche pas”, il y a souvent trois couches derrière :
La couche visible : le comportement de l’enfant
Crises, pleurs, colères, refus, agitation, réveils nocturnes, opposition…
Et parfois, rien de spectaculaire : juste un bébé qui pleure beaucoup, ou un tout-petit “sur les nerfs” à partir de 17h.
La couche invisible : la fatigue mentale
Vous réfléchissez tout le temps.
Vous anticipez.
Vous analysez.
Vous vous adaptez.
Vous comparez.
Vous recommencez.
Votre cerveau ne se repose jamais.
La couche la plus douloureuse : la culpabilité et le doute sur soi
“Si je n’arrive pas à l’apaiser, c’est que je suis nulle.”
“Si je crie, je l’abîme.”
“Si je n’ai pas la patience, je suis une mauvaise mère.”
Et là, la maternité devient un examen permanent.
Spoiler : vous n’étiez pas venue pour passer un concours.
La phrase “je fais tout et ça ne marche pas” n’est pas un constat neutre.
C’est un cri intérieur.
Et il mérite d’être entendu comme tel.
Pourquoi ça ne “marche” pas, même quand vous faites tout “bien”
Je vais vous dire quelque chose qui peut paraître contre-intuitif : parfois, ça ne marche pas… parce que vous cherchez à “faire marcher”.
Un enfant de 0 à 3 ans n’a pas le même objectif que nous.
Vous, vous cherchez : le calme, la compréhension, la stabilité, la logique.
Lui, il est en train de : grandir, décharger, tester, apprendre à sentir, apprendre à supporter la frustration, apprendre à se séparer, apprendre à demander.
Ce qui veut dire une chose très simple : même si vous faites les “bonnes” choses, votre enfant peut quand même pleurer, crier, s’opposer.
Parce qu’il ne pleure pas toujours “à cause” de vous.
Parfois il pleure parce qu’il est fatigué, parce qu’il a faim, parce qu’il a trop d’émotions, parce qu’il a trop vécu dans la journée, parce que son cerveau immature déborde.
Et ça, ce n’est pas une faute.
C’est du développement.
Et puis il y a un autre point : souvent, quand une maman est épuisée, elle change beaucoup de stratégie.
Elle teste 10 techniques, 12 conseils, 8 méthodes… sans le vouloir, elle devient un laboratoire à ciel ouvert.
Et un tout-petit, lui, a besoin de répétition et de simplicité pour se sentir en sécurité.
Je résume en une punchline, parce qu’elle compte : Vous n’avez pas besoin de faire plus. Vous avez besoin de faire plus simple.
La boucle TCC qui vous enferme (et comment en sortir)
En TCC, on regarde souvent un triangle : pensées – émotions – comportements.
Chez les mamans de tout-petits, ça donne souvent ça :
Pensée : “Je fais tout et ça ne marche pas.”
Émotion : découragement, colère, impuissance, culpabilité
Comportement : vous intensifiez (vous cherchez encore plus, vous contrôlez davantage, vous vous mettez la pression), ou vous craquez (cris, pleurs, retrait, auto-jugement).
Et ensuite, la pensée revient plus forte : “Je suis nulle. Je n’y arriverai jamais.”
Le but n’est pas de vous dire “pensez positif”.
Non.
Le but, c’est de remplacer une pensée qui vous écrase par une pensée qui vous aide à tenir.
Une pensée alternative, réaliste, qui soulage, pourrait être :“Je fais de mon mieux avec un enfant en développement et une maman fatiguée.
Ce n’est pas censé être parfait.”
Ce n’est pas magique.
Mais ça change l’espace intérieur.
Et quand l’espace intérieur change, vos gestes changent.
Ce que vous pouvez faire quand rien ne marche (sans vous transformer en robot)
Je vous propose 6 gestes concrets.
Pas des “méthodes”.
Des gestes.
Des choses que vous pouvez tester dès cette semaine, sans vous rajouter une charge mentale.
Réduire le bruit :
choisir UN objectif
Au lieu de “je veux qu’il ne fasse plus de crises”, choisissez :“Je veux traverser les crises avec moins de culpabilité.”ou“Je veux retrouver un peu de calme intérieur.”ou“Je veux comprendre ce qui déclenche le plus souvent.”
Parce que si votre objectif est “zéro crise”, vous perdez d’avance (et ce n’est pas vous le problème).
Passer de “je dois tout régler” à “je dois sécuriser”
Quand votre enfant déborde, votre mission n’est pas toujours de résoudre.
Parfois c’est juste : sécuriser.
Sécuriser, ça peut être :– se baisser, respirer, être là– dire une phrase simple : “Je vois que c’est dur.”– tenir une limite sans discours : “Je ne peux pas te laisser taper. Je suis là.”
La sécurité, c’est souvent plus efficace que l’explication.
Faire un mini bilan : “À quel moment ça dérape le plus ?
”Souvent, le “rien ne marche” est surtout un “ça dérape toujours aux mêmes moments”. Les classiques : fin de journée, transitions (sortir, bain, coucher), faim, fatigue, surexcitation.
Pendant 3 jours, notez juste :– heure– contexte (faim ? fatigue ? transition ?)– intensité (sur 10)
Pas pour vous juger.
Pour comprendre.
Vous allez souvent voir apparaître un schéma.
Et un schéma, ça se travaille.
Arrêter d’augmenter l’intensité quand vous êtes épuisée
Quand on est à bout, on a tendance à faire plus : plus parler, plus expliquer, plus négocier, plus punir, plus se justifier… Et l’enfant, lui, monte aussi. C’est le duel des nerfs, et personne ne gagne.
Quand vous sentez que ça monte : baissez le volume. Raccourcissez les phrases. Simplifiez. Un ton plus bas, deux phrases maximum, et beaucoup de présence.
Réparer au lieu de vous flageller
Vous avez crié ? Vous avez eu un geste brusque ? Vous avez dit une phrase que vous regrettez ? Stop au tribunal intérieur. Votre enfant n’a pas besoin d’une maman parfaite. Il a besoin d’une maman qui répare.
Réparer, c’est :“Je suis désolée, j’ai crié. J’étais très fatiguée. Ce n’est pas de ta faute. Je vais essayer autrement.”
Cette phrase-là, elle fait plus pour votre enfant que 100 journées à vous punir intérieurement.
Mettre votre énergie au bon endroit : vous aider vous
Je vais être franche : si vous êtes à bout, votre enfant le sent. Pas parce que vous êtes “mauvaise”. Parce que vous êtes humaine.
Donc la question n’est pas seulement : “comment aider mon enfant ?”C’est aussi : “comment me soutenir moi, maintenant ?”
Ça peut être minuscule :
– une sieste quand c’est possible
– une douche sans téléphone
– simplifier les repas
– demander un relais 30 minutes
– arrêter de chercher “la bonne technique” à 23h
Encore une punchline (et elle est vraie) : Un parent épuisé ne manque pas d’amour. Il manque de ressources.
Et si la vraie question était : “qu’est-ce que j’attends de moi ?”
Je vous pose une question un peu piquante, mais très utile :
Quand vous dites “je fais tout”, ça veut dire quoi exactement ?
Est-ce que “tout” veut dire :
– je suis disponible tout le temps
– je ne dois jamais m’énerver
– je dois être cohérente en permanence
– je dois réussir à apaiser chaque émotion
– je dois anticiper chaque crise
Si oui… vous êtes en train de vous demander l’impossible.
Et ce n’est pas de la modestie, c’est de la lucidité : on ne peut pas être constante quand on est fatiguée.
On ne peut pas être douce quand on n’a pas dormi.
On ne peut pas être “parfaite” quand on porte déjà mille choses.
Votre enfant a besoin de votre “suffisamment bien”.
Et votre “suffisamment bien”, il est peut-être déjà là, même si vous ne le voyez plus.
Quand se faire aider devient une vraie protection
Parfois, la phrase “je fais tout et ça ne marche pas” cache aussi une détresse plus profonde : isolement, anxiété, tristesse intense, irritabilité constante, sentiment d’être dépassée tous les jours, idées noires, impression de ne plus être vous-même.
Si vous vous reconnaissez là-dedans, je vous invite à ne pas rester seule.
Ce n’est pas “dramatique”, c’est sérieux.
Et votre souffrance mérite une vraie place.
De mon côté, j’accompagne les mamans (et futures mamans) avec des outils TCC et beaucoup de concret, notamment sur la période 0–3 ans.
Si la culpabilité vous colle à la peau : un premier pas gratuit
Souvent, le “je fais tout et ça ne marche pas” finit par se transformer en culpabilité permanente.
Et la culpabilité, c’est un poison lent : vous donnez encore plus, mais vous vous sentez encore moins légitime.
J’ai créé un petit produit gratuit “Stop à la culpabilité” : 3 audios.
Un pour comprendre la culpabilité (pourquoi elle s’accroche, comment elle se nourrit), et deux pour apprendre des techniques simples qui la font baisser.
Si vous sentez que c’est exactement ce qui vous ronge en ce moment, ça peut être un bon premier pas. Gratuit, sans pression, juste pour vous.
Et si vous voulez qu’on reste en lien (sans surcharge)
J’envoie aussi une newsletter une fois par semaine.
L’idée : un message simple, humain, qui vous soutient et vous apporte une piste concrète, sans vous assommer de conseils.
Une respiration, pas une injonction.
Si vous aimez lire ce genre d’articles, la newsletter est un bon moyen de garder le fil, tranquillement.
Conclusion
Si vous ne retenez qu’une chose de cet article, gardez celle-ci : quand vous vous dites “je fais tout et ça ne marche pas”, ce n’est pas la preuve que vous êtes une mauvaise mère. C’est le signe que vous êtes fatiguée, que vous essayez, et que vous avez besoin de simplicité, de soutien, et de clarté.
Votre enfant apprend.
Vous apprenez.
On ne naît pas maman, on le devient.
Et parfois, devenir maman, c’est arrêter de se battre contre soi.
Si vous ressentez que les articles vous aident mais que vous avez besoin d’aller plus loin, plus personnellement, sachez que je peux vous accompagner, à votre rythme, en visio ou à domicile. Et si vous voulez commencer en douceur, le gratuit “Stop à la culpabilité” est là pour vous.



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